Un de ses fils, Louis, sera le grand père de ma belle mère Geneviève Jarry.

J’ai toujours trouvé que cet homme avait belle allure et depuis des années j’ai installé sa photo au milieu de portraits familiaux plus connus. J’ai donc eu envie de me pencher sur sa vie, sur cet homme ancêtre de mes enfants qui paraissait avoir une sorte d’aura sans que l’on sache vraiment pourquoi. Etait-il seulement beau ou racé, qu’avait-il fait de plus que de naître dans une famille d’aristocrates après la Révolution, et qu’avait été sa vie d’homme sous le Second Empire ?

Il nait à Vendôme dans le Loir-et-Cher, terre de ses ancêtres, le 16 novembre 1819 sous Louis XVIII :

« L’an 1819 et le 18 novembre à une heure du soir par devant nous Michel Laurent Boucheron, adjoint au maire délégué promu officier de l’état civil de la commune de Vendôme ont comparu Monsieur Joseph François Louis Bodin de Galembert, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis, domicilié à Vendôme, lequel nous a présenté un enfant de sexe masculin né le seize du courant à huit heures du soir de lui comparant et de dame Paschale de Vanssay son épouse et auquel il a déclaré vouloir lui donner les prénoms de Anne Marie Charles… »

Même si je trouve très romanesque ce prénom de Anne pour un garçon, son prénom usuel était Charles.

Je suis allée à Vendôme pour essayer de retrouver l’hôtel particulier où il était né. M’étant renseignée à la Bibliothèque de la ville de Vendôme j’ai appris que  l’incendie du 15 juin 1940 avait  détruit cette maison, j’en ai cependant retrouvé la trace dans les archives municipales, elle était située rue Poterie et  fut vendue par ses frères et lui-même dans les années 1860. Cette maison appartenait à une de leurs tantes, Madame de Meaussé, dont ils étaient les héritiers.

Charles avait deux frères aînés :

– Louis né en 1813 à Vendôme fut domicilié à Tours au château de Belmont ainsi qu’au château de Parpacé à Bocé dans le Maine et Loire. Il fut vice-président de la société archéologique de Touraine et eut l’initiative de  la restauration des églises de cette région, notamment celle de Vilaines les Rochers dont je parlerai dans un article consacré à la Touraine. Il se maria en 1844 avec Valentine Berthémy fille du Général d’Empire Pierre Augustin Berthémy  dont il eut 9 enfants.

– François né en 1815 à Vendôme se marie en 1844 avec Armande de Belloy de Saint Liénard, d’une famille de la région picarde. Ils auront 13 enfants.

Alors que ses frères se marient Charles part voyager en Sicile probablement retrouver les traces de son père qu’il avait perdu à l’âge de six ans. Je suppose qu’il tient à découvrir ce pays et retrouver les lieux de cet exil. C’est au  Monastère de Vallombreuse que son père avait été accueilli par la reine de Naples Marie Caroline de Habsbourg, soeur de Marie Antoinette reine de France.

En 1861 il publiera un livre au sujet de ce voyage : Souvenir d’un voyage en Sicile.

On peut lire ces pages sur le site Gallica, ICI .

Entre ses voyages il fait son droit à Paris, il habite chez sa mère.

Il aime la musique mais s’interdit de composer pour mieux étudier la littérature et l’histoire.

A trente ans alors que ses tempes commencent à devenir argentées, le 21 novembre 1852 il se marie avec Louise Bertrand de Rivière  dans la chapelle du château d’Etteveaux, à Larochemillay, dans le département de la Nièvre.

Après leur mariage ils passent six mois en Italie. Ils rencontrent à Venise le Comte de Chambord et reçoivent à Rome la bénédiction du Pape Pie IX.

Il s’établit à Etteveaux, domaine où est née sa femme Louise mais se rend souvent au château de Parpacé dans le Maine et Loire où sa mère Pascale de Vanssay vit ainsi que son frère aîné.

Il fait aussi des séjours dans le Château de La Brosse Salerne dont il a hérité et qui lui rappelle son enfance.

Il écrira encore un livre et le publiera en 1871 : Une des causes de nos malheurs : la politique unitaire du Second Empire (Imprimerie de Fay à Nevers), il est ré-édité par la BNF mais on peut le lire aussi ICI sur le site Gallica. Je ne l’ai pas lu, mais je suppose que le baron de Galembert n’était pas un adepte de la politique étrangère de Napoléon III.

Comme tous les aristocrates de cette époque il est cultivé. Admirateur de Dante il aime aussi Pascal, Fénelon et Chateaubriand. Il me rappelle le Prince de Salina dans « Le Guépard » de Thomas di Lampedusa, ils vécurent à la même époque et ressemble même à Burt Lancaster dans le film de Lucchino Visconti.

Il prend part à la vie sociale de son temps, gère le domaine d’Ettevaux et il devient maire fondateur du village de Poil.

Il aura une nombreuse famille comme ses frères : dix enfants dont Louis (septième de la fratrie), grand père de Geneviève Jarry, qui perdra son père à l’âge de 13 ans.

Le baron Anne Marie Charles de Bodin de Galembert s’éteindra en 1880 des suites d’un cancer de la gorge à l’âge de 60 ans et sera inhumé dans la chapelle du château d’Etteveaux.

Après sa mort un de ses fils publiera un recueil de souvenirs et des pages du journal de cet homme qui me parait très attachant, il parle de sa mère avec beaucoup de délicatesse ainsi que de sa vie de famille. Ses souvenirs expriment aussi une sorte de mélancolie, comme le Prince de Salina il aperçoit la fin d’un monde.  On trouve aussi ce livre Journal Notes Impressions Souvenirs du Baron de Galembert sur le site de Gallica.

Etteveaux et le Benvray

 

 

Etteveaux Le Chateau 1

 

 

 

 

 

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